Barème IR 2027 au Maroc : nouveaux taux et calcul

Publié le 28/10/2026

Le Projet de loi de finances 2027 au Maroc prévoit une réforme importante de l’impôt sur le revenu (IR), avec pour objectif d’alléger la charge fiscale des salariés et de faire évoluer progressivement le barème d’imposition.

Parmi les principales mesures proposées figurent le relèvement de la tranche annuelle exonérée de 40 000 DH à 60 000 DH, la modification des taux applicables aux différentes tranches de revenus et l’augmentation de l’abattement forfaitaire pour frais professionnels.

Quel sera le nouveau barème de l’IR en 2027 ? Qui pourra bénéficier de cette réforme ? Comment calculer l’impôt sur le revenu selon les nouvelles tranches ?

Voici les principaux éléments à retenir du projet de loi de finances 2027.

1. Barème de l’IR 2027 au Maroc : les taux proposés

Le PLF 2027 prévoit un aménagement du barème progressif de l’impôt sur le revenu applicable en 2027.

La principale évolution concerne la tranche exonérée, qui passerait de 40 000 DH à 60 000 DH de revenu annuel imposable. Les taux applicables aux tranches suivantes seraient également réaménagés.

Le barème proposé pour la période du 1er janvier au 31 décembre 2027 se présenterait comme suit :

Tranche annuelle du revenu imposable| Taux proposé

Jusqu’à 60 000 DH| 0 %

De 60 001 à 80 000 DH| 10 %

De 80 001 à 100 000 DH| 20 %

De 100 001 à 180 000 DH| 34 %

Au-delà de 180 000 DH| 37 %

Source : dispositions du Projet de loi de finances 2027 relatives au barème de l’impôt sur le revenu. Ces taux sont présentés sous réserve de l’adoption définitive du texte.

Cette évolution vise à réduire l’imposition d’une partie des revenus et à élargir la tranche bénéficiant d’une exonération.

Il est toutefois important de préciser que le barème s’applique au revenu imposable, déterminé selon les règles fiscales applicables, et non automatiquement au salaire brut ou au montant net versé sur le compte bancaire.

2. Une tranche exonérée relevée à 60 000 DH

Dans le dispositif proposé, la tranche annuelle de revenu imposable allant jusqu’à 60 000 DH serait soumise à un taux de 0 %.

Cette mesure représente une hausse du seuil d’exonération par rapport au seuil de 40 000 DH actuellement applicable avant la réforme proposée.

L’objectif est de réduire la charge fiscale pesant sur les revenus salariaux et d’améliorer le revenu disponible des salariés concernés.

Il convient néanmoins de distinguer le seuil d’exonération du revenu imposable du salaire mensuel annoncé dans les communications relatives à la réforme.

En effet, le passage d’un salaire brut à un revenu imposable nécessite de tenir compte des règles applicables à la détermination de la base imposable, notamment des déductions et abattements prévus par la législation fiscale.

3. L’abattement pour frais professionnels passerait de 25 % à 45 %

Le projet prévoit également une augmentation de l’abattement forfaitaire pour frais professionnels, qui passerait de 25 % à 45 % selon les modalités prévues par le texte.

Cette mesure est importante, car elle agit sur la détermination du revenu imposable.

L’impact de la réforme ne dépend donc pas uniquement des nouveaux taux du barème. Il résulte également de la combinaison de plusieurs mécanismes fiscaux, dont l’abattement pour frais professionnels.

Pour comprendre l’effet concret de cette évolution, il faut distinguer deux étapes :

- La détermination du revenu imposable, en appliquant les règles de calcul et les déductions autorisées.

- Le calcul de l’impôt, en appliquant le barème progressif au revenu imposable obtenu.

Cette distinction est essentielle pour éviter de surestimer ou de sous-estimer l’économie d’impôt attendue.

Les modalités définitives de l’abattement devront être vérifiées à partir du texte légal adopté.

4. Comment fonctionne le barème progressif de l’IR ?

Le barème de l’impôt sur le revenu fonctionne par tranches successives.

Cela signifie que chaque taux s’applique uniquement à la fraction du revenu imposable comprise dans la tranche correspondante.

Le contribuable dont le revenu imposable dépasse 100 000 DH ne paie donc pas automatiquement 34 % sur la totalité de son revenu.

Exemple simplifié de calcul

Prenons un revenu annuel imposable de 120 000 DH, en appliquant le barème proposé pour 2027.

Le calcul théorique serait le suivant :

Fraction du revenu| Calcul| Impôt

Jusqu’à 60 000 DH| 60 000 × 0 %| 0 DH

De 60 001 à 80 000 DH| 20 000 × 10 %| 2 000 DH

De 80 001 à 100 000 DH| 20 000 × 20 %| 4 000 DH

De 100 001 à 120 000 DH| 20 000 × 34 %| 6 800 DH

Total théorique| | 12 800 DH

Dans cet exemple, le taux marginal applicable à la dernière fraction du revenu est de 34 %, mais le taux moyen d’imposition rapporté au revenu imposable est d’environ 10,67 %.

Cet exemple est volontairement simplifié : il illustre uniquement le fonctionnement du barème et ne constitue pas une simulation complète de la retenue à la source sur un salaire réel.

5. Les salariés gagnant moins de 10 000 DH par mois seront-ils exonérés ?

Les annonces accompagnant le PLF 2027 font état d’une exonération de l’IR pour les salariés dont le salaire mensuel net est inférieur à 10 000 DH, grâce à l’effet combiné de la hausse du seuil d’exonération et de l’augmentation de l’abattement pour frais professionnels.

Le gouvernement a également évoqué une exonération totale pour une large majorité des salariés.

Il reste toutefois nécessaire de distinguer cette annonce générale du calcul fiscal individuel.

Le résultat dépend notamment de la rémunération concernée, de la composition du revenu imposable, des déductions applicables et des modalités définitives retenues dans le texte adopté.

Il est donc préférable de vérifier la situation de chaque salarié à partir de ses éléments de rémunération plutôt que de considérer le seuil de 10 000 DH comme une règle universelle applicable sans distinction.

6. Une réforme progressive au-delà de 2027

La réforme proposée ne se limite pas à l’année 2027.

Le projet prévoit une évolution progressive des tranches et des taux sur plusieurs années, avec l’objectif de ramener le taux marginal maximal à 30 % à l’horizon de la réforme.

Les barèmes transitoires annoncés prévoient notamment des modifications en 2028, 2029 et 2030.

Cette progressivité signifie que les taux et les limites des tranches ne doivent pas être considérés comme définitivement stabilisés dès 2027.

Pour les entreprises, les services de paie et les professionnels de la comptabilité, il sera donc nécessaire de suivre les textes adoptés et les modalités d’entrée en vigueur afin d'appliquer le bon barème pour chaque période.

7. Quelles conséquences pour les entreprises et la gestion de la paie ?

Une modification du barème de l’IR entraîne des conséquences pratiques pour les employeurs et les services chargés de la paie.

Les entreprises devront notamment :

- vérifier les paramètres fiscaux utilisés dans leur logiciel de paie ;

- appliquer les règles de calcul en vigueur à la période concernée ;

- contrôler les retenues à la source sur les rémunérations ;

- actualiser les procédures internes de paie ;

- informer les salariés sur les évolutions susceptibles d’affecter leur rémunération nette.

Une attention particulière devra être portée à la date d’entrée en vigueur des dispositions définitives et à leur traduction dans les outils de calcul.

Une annonce de réforme ne suffit pas, à elle seule, à déterminer le montant exact de l’impôt dû par chaque salarié.

Conclusion

Le Projet de loi de finances 2027 propose une évolution importante de l’impôt sur le revenu au Maroc. Le relèvement de la tranche exonérée à 60 000 DH, la modification du barème progressif et l’augmentation annoncée de l’abattement pour frais professionnels constituent les principaux leviers de cette réforme.

Pour les salariés, l’effet concret dépendra de leur revenu imposable et des règles finalement adoptées. Pour les entreprises, l’enjeu sera de mettre à jour les paramètres de paie et de sécuriser le calcul des retenues à la source.

ALAOUI ADVISORY accompagne les entreprises dans la compréhension des évolutions fiscales et dans l’adaptation de leurs processus de gestion aux nouvelles exigences réglementaires.

Important : cet article présente les principales mesures proposées dans le Projet de loi de finances 2027. Les dispositions définitives devront être vérifiées à la lumière du texte adopté et publié officiellement.

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